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L'église des Jésuites en 2,7 gigapixels

Un panorama sphérique complet de la nef de l'église des Jésuites de Molsheim, assemblé à partir de 335 vues, à 74 020 pixels de large. On se retourne, on lève les yeux vers les voûtes, on descend jusqu'au dallage — et l'on continue de zoomer jusqu'au grain de la pierre.

cliquer-glisser pour se retourner · molette ou pincement pour zoomer · la définition se charge à la demande

Définition
74 020 × 37 010 px — 2,74 Gpx
Vues assemblées
335
Boîtier
Canon EOS 5D Mark IV
Optique
70-200 mm f/4
Prise de vue
Tête panoramique robotisée
Lieu
Église des Jésuites, Molsheim
// ordre_de_grandeur

Ce que représentent 2,7 milliards de pixels

Un écran de bureau en 4K affiche environ 8,3 millions de pixels. Ce panorama en contient 330 fois plus. Autrement dit : il faudrait 330 écrans 4K, côte à côte, pour en afficher la totalité sans rien perdre.

Concrètement, cela veut dire que l'image ne s'épuise pas au premier zoom. On agrandit un chapiteau situé en hauteur, et il continue de se préciser : l'appareillage de la pierre, le réseau de remplage des baies, le profil des nervures. Jusqu'où exactement, la seule façon de le savoir est d'essayer — la visionneuse ci-dessus est le fichier lui-même, pas un aperçu.

Une photographie ordinaire donne une échelle de lecture. Une image de cette définition en donne plusieurs, et c'est ce qui la rend exploitable comme document et pas seulement comme illustration.

Pourquoi une sphère plutôt qu'un cadre

Un cadre impose un point de vue : le photographe a choisi ce qui entre et ce qui reste dehors. Une sphère ne choisit pas. Elle enregistre l'intégralité de ce qui entoure le point de prise de vue — devant, derrière, au-dessus, en dessous — et laisse le choix au regardeur.

Pour un édifice, la différence est franche. On ne montre plus une vue de la nef : on restitue la position de celui qui s'y tient. Les proportions, la hauteur sous voûte, la façon dont la lumière entre par le sud et pas par le nord — toutes choses qu'un cadre écrase et qu'une sphère conserve.

// projection_stereographique

Les mêmes voûtes, repliées sur elles-mêmes

À partir de cette sphère, une seconde image a été produite : une projection stéréographique. Le procédé déplie le panorama sur un plan depuis un point de vue unique. Les lignes droites deviennent des arcs, la nef se referme en couronne, et la répétition des travées fait apparaître une symétrie rayonnante.

Rien n'a été dupliqué ni ajouté. La rosace que l'on voit est la structure réelle du bâtiment, vue autrement.

9 615 × 9 615 pixels · 16 niveaux de zoom

// methode

Comment cette image a été fabriquée

335 vues, prises au Canon EOS 5D Mark IV équipé d'un 70-200 mm f/4, sur une tête panoramique robotisée.

Le choix du téléobjectif est ce qui explique la définition finale. Un fisheye couvre une sphère complète en une douzaine de vues — mais chaque pixel enregistre alors une portion de ciel large, et le détail plafonne vite. Un 70-200 fait l'inverse : il découpe la sphère en centaines de fragments étroits, chacun rendu à la pleine résolution du capteur. L'assemblage des 335 vues additionne ces résolutions au lieu de les moyenner. C'est ainsi qu'on dépasse le gigapixel avec un boîtier de 30 mégapixels.

La tête robotisée n'est pas un confort. Le pas angulaire se compte en degrés et doit être tenu 335 fois de suite sans dérive : la moindre approximation répétée laisse un trou dans la sphère. La tête pivote selon une grille calculée, s'arrête à chaque position et déclenche.

L'assemblage détecte ensuite les points communs entre vues voisines, calcule l'orientation de chacune et les reprojette sur une sphère unique. La difficulté propre à un intérieur d'église tient à l'écart de luminosité : entre un vitrail en plein soleil et le fond d'un bas-côté, l'écart dépasse ce qu'un capteur enregistre en une seule pose.

Le fichier maître qui en résulte pèse 28 gigaoctets, en 16 bits par couche. Il est inexploitable tel quel sur le web : aucun navigateur ne charge une image pareille. La mise en ligne passe par une pyramide de tuiles — l'image est découpée en milliers de carrés, à plusieurs échelles, et le navigateur ne télécharge que les carrés visibles à l'endroit et au niveau de zoom où l'on se trouve. C'est ce qui permet de naviguer dans 2,7 gigapixels sans attendre.

Le point qui manquait

Un panorama pris sur trépied comporte toujours une zone aveugle : celle que le trépied lui-même occupe, à la verticale sous l'appareil. Elle représente ici 16 degrés de champ. Le dallage a d'abord été prolongé pour supprimer le trou, puis la zone a été fermée par une pastille — l'usage habituel en photographie panoramique, qui signe l'image à l'endroit exact où se tenait l'appareil.

// applications

À quoi cela sert, en dehors de la beauté du geste

La même chaîne technique s'applique bien au-delà du patrimoine.

Patrimoine et architecture

Un relevé photographique daté, à une définition qui autorise l'examen de détail. Avant restauration, après restauration, et la comparaison des deux. Un architecte du patrimoine y retrouve l'état d'une nervure ou d'un enduit sans remonter sur l'échafaudage.

Industrie

Un atelier entier restitué depuis un point de vue, machines lisibles, plaques signalétiques déchiffrables au zoom. Utile pour la documentation d'installation, la formation à distance, ou l'état des lieux avant transformation d'un site.

Chantier et travaux publics

Un panorama sphérique par étape de chantier constitue un historique dont on ne peut pas dire, six mois plus tard, qu'il ne montrait pas la zone concernée : il couvre tout ce qui entourait le point de prise de vue, y compris ce que personne n'avait pensé à cadrer sur le moment.

Commerce et retail

Le même principe fait tourner les visites virtuelles de galeries marchandes et de cellules commerciales que nous produisons pour des exploitants multi-sites.

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